| La pêche est sans aucun
doute lune des premières activités de lhomme pour se nourrir. Au fil du temps et à linstar de ce qui s'est produit pour
d'autres activités de première nécessité, des activités parallèles à ces simples
besoins se sont développées. Ce sont les activités sportives.
Faisons un petit tour
dans le temps et intéressons-nous aux premiers jours de la pêche en mer sous sa forme la
plus élémentaire, telle quelle se pratiquait sur les côtes européennes à
lAge de pierre.
Au départ, la pêche
nétait rien de plus quune simple collecte, principale activité de
lhomme préhistorique, qui, à marée basse, ramassait crabes, petits poissons et
mollusques bivalves quil trouvait à la surface. Les outils de chasse traditionnels comme la lance, larc et les
flèches étaient également employés aussi bien dans les eaux continentales quen
mer.
Cest ainsi que la
pêche fut assimilée à la chasse et que les hommes se mirent à pratiquer cette nouvelle
et captivante occupation, laissant de la sorte aux femmes et aux enfants le soin
deffectuer la pénible tâche de la collecte.
Grâce aux inscriptions runiques,
nous savons que la sorcellerie a joué un grand rôle dans cette activité. De même, des inscriptions gravées dans la pierre et
représentant des poissons ont été retrouvées. Le Flétan découvert à Stavanger, en
Norvège, en est un exemple.
Les premiers hameçons
furent des pointes dont les deux extrémités étaient affilées, en forme de fuseau.
Certains peuples primitifs en utilisent encore de nos jours. Bien qu'il fût inventé plus tardivement que la flèche et
le harpon, l'hameçon, sous sa forme originale, était déjà connu à lAge de
pierre.
Les hameçons étaient alors taillés dans la pierre, la
corne, los et le bois. Cependant, il faut savoir qu'ils n'ont pas été inventés en
même temps partout dans le monde. En Australie et dans une grande partie de lAfrique, ce sont les
Arabes et les Européens qui ont introduit lhameçon. A lAge de bronze et au commencement de lAge de
fer, il existait déjà sous sa forme idéale qui est celle que nous connaissons
aujourdhui.
Ainsi, lHomme a
rapidement commencé à tresser des nasses avec de petites branches de saule selon une
méthode encore utilisée à notre époque (nasses à anguilles et homards). Sur les fleuves et dans les anses, il construisait des
digues dirigeant les poissons à lintérieur de pièges intelligemment disposés. A lintérieur des terres, les filets lui servaient
lors de combats et pour capturer des oiseaux, mais il apprit très rapidement à les
utiliser aussi pour attraper du poisson, en fabriquant des sennes et des filets de fond.
Les poissons saisis
étaient coupés, séchés au soleil ou fumés afin d'être conservés.
A lAge de bronze
et au commencement de lâge de fer, la construction navale a fait dénormes
progrès. Les radeaux et les pirogues (faits en peaux de bêtes ou en creusant
des troncs d'arbres) furent rapidement abandonnés au profit de la construction de bateaux
à rames ou à voiles.
Au départ, la pêche servait à
subvenir aux besoins de chacun mais laugmentation de la production liée à cette
activité donna par la suite naissance à un commerce florissant.
Cest ainsi que les Hommes
découvrirent petit à petit les vertus conservatrices du sel.
Il y a 3000 ans
maintenant que le commerce du poisson salé et séché fait partie des plus florissants du
bassin méditerranéen. Comme en témoignent les noms de nombreuses villes, les Phéniciens,
en particulier, exerçaient grâce à ce produit un commerce des plus actifs: Sidon, par exemple, signifie « village de
pêcheurs ».
Toutefois, il fallut attendre
encore un millénaire avant que les connaissances relatives à la conservation du poisson
par le sel ne parviennent jusquaux villes du nord de lEurope.
Au Moyen Age, dans
lEurope médiévale, transporter du poisson frais sur de longues distances était
chose impossible.
Il nétait possible de trouver du poisson de mer frais que sur
les propres sites de pêches ou bien en dautres lieux très proches de ces derniers. A lintérieur des terres, il ny avait pas vraiment
dautre choix que de se procurer du poisson deau douce. Dailleurs,
concernant cette activité, ces sites jouaient à lépoque un rôle bien plus
important que de nos jours. Dans le nord de lEurope, les poissons les plus vendus
étaient les mêmes quaujourdhui, à savoir le hareng et la morue. Le sel devint ainsi une matière première de grande importance. Leau de mer était acheminée vers des marais salants où, sous
l'action du soleil et du vent, elle s'évaporait en cristallisant le sel. Dans les pays peu ensoleillés du nord de lEurope,
lévaporation était réalisée en réchauffant leau de mer au bois ou au
charbon, dans de grands récipients spéciaux. Les forêts anglaises, hollandaises et danoises furent les principales
victimes de cette exploitation dévastatrice.
A la fin du Moyen Age,
le sel fut soumis à un lourd impôt, comme le sont à notre époque le tabac et le café.
Il en résulta lapparition dun commerce clandestin contre lequel des mesures
de contrôle et des lois furent prononcées.
La pêche au hareng
commença à se développer sur la côte est de lAngleterre vers lan 1000. A
cette époque, le port de Yarmouth était lun des sites de pêche les plus
importants. Parallèlement, la pêche se répandit au canal de la Manche
et au sud de la Mer du Nord, dans les eaux de Dieppe, de Calais et des Pays-Bas.
Au fil de lhistoire, les
techniques de pêche se sont améliorées. Les méthodes complexes que les pêcheurs
utilisent actuellement sont le résultat de cette évolution.
Le matériel utilisé sest lui
aussi modifié au rythme de l'évolution des hommes, partant des tous premiers hameçons
en bois ou en os pour arriver aux instruments modernes.
Lhameçon, qui est
lun des plus vieux outils fabriqué par lHomme, sutilise encore dans le
monde entier et se décline sous 4000 formes différentes. En Europe occidentale et septentrionale, la demande en
hameçons est principalement satisfaite par des entreprises anglaises et norvégiennes. Ces derniers sont forgés dans de lacier, plus
rarement dans du laiton et sont très fréquemment galvanisés pour éviter toute
oxydation.
Les différentes parties
de lhameçon sont: la tête, la hampe, la courbure et la pointe. La tête peut être aplanie ou présenter un trou permettant
de solidement relier le fil à lhameçon.
En général, la pointe est dotée
dun ardillon empêchant le décrochage de lhameçon une fois le poisson
piqué.
Les hameçons sans
ardillon, utilisés pour la pêche au thon et la capture du poisson gras en général,
sont de moins en moins employés.
Le norvégien, le
harwich, le limerick et le kirby sont les types dhameçons que lon retrouve le
plus souvent.
Ces derniers existent essentiellement en 24 tailles représentées par
des numéros.
Les petits numéros correspondent aux gros hameçons, les grands
numéros aux petits hameçons. Pour la pêche à la morue par exemple, on pourra utiliser
un hameçon norvégien numéro 3. Malheureusement, la numérotation na jamais été
unifiée, de telle sorte que les numéros correspondant à la taille dun certain
type dhameçon ne sont pas les mêmes pour un autre type. On en distingue dailleurs plusieurs dont les noms sont
principalement en rapport avec la forme singulière de la courbure de lhameçon
(partie courbe).
La turlutte se compose
de nombreux hameçons incorporés ou fixés à un petit poisson métallique brillant ou à
un corps en plomb recouvert de fils de couleurs. Pour être efficace, la turlutte être animée d'un mouvement
irrégulier de bas en haut obtenu par des gestes saccadés de la main qui la maintient en
position verticale. De cette façon, les poissons attirés (gadidés, scombridés) ainsi
que les céphalopodes (calamars, poulpes) restent accrochés aux hameçons sans appât.
Les leurres tournants
sont constitués de poissons artificiels décrivant un mouvement de rotation sur
eux-mêmes (cuillère) lorsque l'on tire dessus après les avoir jetés à leau. Lavançon ou bas de ligne est un bout de fil auquel on
attache lhameçon et servant dintermédiaire entre ce dernier et la ligne. Il
peut être en catgut, en nylon, en perlon, en soie ou encore en lune des ces
nouvelles matières extrêmement solides, voire en fil de fer si lon souhaite
pêcher de gros poissons comme les requins. Dans le domaine de la pêche à la ligne, différentes techniques se
sont développées (la pêche de fond, à la ligne dérivante, à la ligne de traîne, au
lancer, à la ligne flottante, etc.) Lorsque lon pratique la pêche au coup, à la plombée, à la
cuillère, ou avec un appât naturel, on doit, comme pour la turlutte, accompagner
lappât d'un mouvement de bas en haut en faisant monter et descendre la main. Sur la ligne, bien en dessous du plomb, on peut rajouter plusieurs
avançons accompagnés de leurs hameçons respectifs (pêche à la ligne dérivante et à
la palangrotte).
De nos jours, la pêche sportive dispose de cannes de toutes sortes et
daccessoires toujours plus au point. De fait, les anciennes techniques de pêche à
la ligne sont peu employées.
Pour la pêche au
chalut, on peut utiliser différentes sortes dappâts, naturels ou artificiels, que
lon fixe au bout d'un long fil de pêche et que lon traîne à larrière
dun bateau.
Les nouveaux engins de remorquage sont munis de deux lignes proches de
la surface (dérivantes) et de deux autres lignes supplémentaires se déplaçant plus au
fond (plombées).
Pour pêcher le maquereau, on utilise la ligne sans fin. Il
sagit dun nouvel instrument composé dun long fil de pêche dont on a
relié les extrémités après lavoir passé dans un tube vertical aux bouts
recourbés (voir schéma). Ainsi, lorsque lon tire dessus par le haut, il se
relâche vers le bas. De la sorte, la ligne n'en finit jamais et l'on peut pêcher en
continu.
Les palangres de fond
sont des techniques de pêche avec hameçons dune grande importance. Elles sont
composées de plusieurs lignes de 50 à 150 brasses de long (environ 95 et 285 mètres)
sur lesquelles, à intervalle de 1 à 3 mètres, sont appatés les avançons (morceaux de
fil plus fins denviron 1 mètre de long) aux bouts desquels lhameçon est
attaché. Les appâts sont fixés sur les hameçons avant
dembarquer ou une fois en mer et les extrémités de chaque élément sont
attachées les unes derrière les autres jusquà obtenir un ensemble mesurant
plusieurs kilomètres de long (jusquà 50 km). En fonction du poisson que l'on veut pêcher, la palangre est
disposée différemment (sur le fond, entre deux eaux, etc., voir figures)
  
Les palangres de fond sont
surtout employées sur les sites dont la configuration typographique ne permet pas
lutilisation dengins de remorquage.

On se sert des palangres
de fond pour capturer, entre autres, les poissons suivants : le requin, le saumon, languille (au moyen de palangres
spéciales), lorphie, la rascasse, la limande et le flétan noir. Comme appât, on peut par exemple prendre du hareng, des crevettes
grises, des goujons, des rascasses, des crevettes, des crabes, des mollusques, des
lamellibranches ou encore des morceaux de calamar. En général, les appâts sont conservés dans des viviers,
légèrement salés ou bien congelés. Pour pêcher à la ligne de traîne ou manuellement, on peut
également utiliser des leurres artificiels en plastique de couleurs, en caoutchouc ou
autre.
 
On pêche aussi beaucoup au
moyen de palangres de fond sur les grands bancs de sable. Les grands navires mères conduisent jusquaux sites de pêche de
nombreuses embarcations à rame et à fond plat appelées doris (embarcation semblable aux
gamelles galiciennes). De jour, ces doris pêchent à proximité du navire mère. Cest
également à bord de ce dernier que sont déposées les prises en fin de journée et que
les poissons sont préparés, salés et conservés.
Parmi les matières entrant dans
la confection des filets on retrouve le chanvre, le coton, le nylon ainsi que
dautres fibres synthétiques. Le haut et le bas du filet sont bordés d'une ralingue plus solide. Le bord supérieur compte divers flotteurs en liège, en
plastique spongieux ou bien des objets vides, alors que la ralingue inférieure est
plombée au moyen de poids, tels des morceaux de plomb, des chaînes, etc.
La longueur des filets
se mesure en brasses (une brasse équivalant à 1,88 mètres) et la hauteur selon le
nombre de mailles.
La largeur dune maille correspond
à la distance séparant deux nuds et lon conserve la longueur maximale comme
référence de longueur; les deux se mesurant filet tendu.
Filets dérivants et
chaluts de fond.
Les filets dérivants
pendent verticalement et librement dans l'eau, à la manière dun rideau. Pour pêcher des poissons pélagiques comme le hareng, le colin, le
maquereau, etc., on les installe en eaux libres. En règle générale, on dispose bout à bout un certain nombre de
filets jusqu'à obtenir un ensemble de plusieurs kilomètres de long. Grâce à laction combinée des poids et des flotteurs
de tous types, les filets se maintiennent soit en surface soit à une certaine profondeur. On appelle filets maillants ceux dans lesquels les poissons restent
coincés par les opercules en essayant de passer au travers des mailles.
Les chaluts de fond,
levés verticalement à partir du fond, sont utilisés pour capturer des poissons de fond
(morue, poissons plats, etc.). Dordinaire, on attache ces filets par les extrémités et en
ligne droite.
Une forme particulière de ce type de
filets est le tramail, composé dune nappe de filets à mailles fines et
suffisamment épaisses ainsi que de deux autres mis côte à côte et à mailles très
larges.
Les poissons cherchant à sévader de ce filet tirent sur la
pièce centrale qui est plus souple et, en passant au travers dune ouverture de
maille latérale, forment une poche à lintérieur de laquelle ils demeurent
prisonniers.
Ce filet, efficace bien que difficile à manipuler, s'utilise beaucoup
dans le cadre de la pêche côtière pour capturer des poissons plats, des rougets, des
rascasses, des pageots, des daurades, des sargues, des araignées de mer, etc.
. La bourdigue.
La bourdigue est une
forme particulière de la nasse et se compose dun filet vertical solidement fixé au
fond. On l'utilise près des côtes, là où les eaux sont peu profondes, pour capturer
des muges, des daurades, des bars (loups), etc. Un large filet fixe (barrière) conduit les poissons jusquà une
entrée en forme dentonnoir débouchant sur une chambre circulaire dont les parois
partent du fond vers la surface et dont la partie supérieure est refermée au moyen
dun filet horizontal. Les filets sont maintenus en position verticale à laide de
pieds (quelquefois uniquement de tiges). De même, afin déviter quils ne se
cassent, on les accroche avec de solides cordes entre deux pieds de pieux.
Lorsque le sol est trop
dur et quil est impossible dy enfoncer les pieds, on a recours à des filets
maintenus en surface au moyen de bouées au mouillage.
Les madragues.
Les madragues sont de
gigantesques bourdigues utilisées pour la pêche au thon dont Les barrières peuvent mesurer jusquà 3 ou 4 kilomètres de
long. Les poissons sont dirigés au travers dune série successive de chambres dont
la dernière, celle de la mort, est dotée dun filet fixe et dun fond qui peut
être relevé. Les madragues et autres engins du même type sont principalement installés
dans les détroits et les baies. Ces techniques de pêche ont essentiellement cours en Espagne, dans la
région du golfe de Cadix et dans le détroit de Gibraltar.
Les nasses.
Le verveux est un filet
de pêche, en forme de sac, maintenu ouvert par une série de
cerceaux en osier, en saule ou en métal, et muni intérieurement de cônes pour faciliter
l'entrée aux poissons et les en empêcher de sortir. Des ailes, ou guideaux, ainsi quune antichambre, complètent le
piège en évitant que les poissons ne séchappent par les côtés.
Lentrée des nasses est de la même forme
quun entonnoir (gorge), ce qui facilite lentrée du poisson. Cependant, le
trou de sortie étant caché ou bouché, celui-ci ne peut que difficilement sen
échapper.
Dordinaire, plusieurs nasses sont disposées les
unes à la suite des autres.
Les nasses sont utilisées dans
des eaux peu profondes.
Pour la capture de langoustes,
de homards, etc., il existe des nasses spéciales en osier.
Le chalutier.
Le chalutier est
lune des principales techniques de pêche au filet utilisées pour la pêche
industrielle. Elle occupe une place de taille dans la capture de poissons pélagiques
(pêche au gros de sardines, d'anchois, etc). Ses filets peuvent mesurer plus de 200 brasses de long et atteindre
une hauteur de 30 à 50 mailles. Ils se composent de plusieurs pièces dont la taille et
la solidité des mailles sont différentes. Les poissons se concentrent dans la partie
centrale qui est celle possédant la plus petite maille. Le haut du filet est maintenu en surface à laide de flotteurs. Le bas du filet, immergé suffisamment profond, compte,
outre des plombs, des petits anneaux dans lesquels passe une ralingue.
Ce filet se place à
proximité dun banc de poissons. Une
fois ces derniers encerclés, on commence à remonter la ralingue inférieure avec un
treuil ou à la main, jusquà ce que les cerceaux du bas remontent à la surface. De
cette façon, la poche reste fermée et le filet peut alors être remorqué.
Lorsque lon
utilise cette technique de nuit, on se sert de petits canots équipés de lampes très
puissantes appelés luceros. Les poissons, attirés par la lumière, se concentrent
sous ces derniers et sont ainsi facilement attrapés.
Les chaluts.
Le chalut est un filet
en forme de poche qui souvre comme un grand entonnoir. Il est composé de deux parties, la supérieure et linférieure,
qui sont reliées par les côtés. La partie supérieure recouvre et dépasse la partie inférieure, tel
un toit pourvu dun grand auvent. Les parties latérales, très longues, empêchent les poissons de
séchapper par les côtés.
Le filet se rétrécit
progressivement vers la partie postérieure pour devenir une longue poche de mailles
entremêlées.
Le chalut est traîné par deux larges câbles.
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